Fleurs de l'instant

Poésie : Poésie de Corée


Ko Un

Fleurs de l'instant

Traduit du coréen par  Ye Young Chung et Laurent Zimmermann



ISBN : 978-2-84242-383-6
118 pages
  • Présentation

Ko Un est certainement le poète coréen le plus lu et le plus traduit à travers le monde. Son œuvre, très abondante, se compose d’essais, de romans et de poèmes, mais c’est surtout la poésie qui lui vaut une reconnaissance internationale.

 Le recueil Fleurs de l’instant (2001) évoquera pour le lecteur français le haïku, mais il ne s’agit pas ici d’une forme fixe – seul le travail de la brièveté, du surgissement, compte. La poétique de Ko Un consiste dans ce recueil certes à trouver souvent les « copeaux du pur présent » dont parle Roland Barthes à propos du haïku, mais surtout à atteindre, dans une perspective marquée par le bouddhisme, l’éveil, le moment où la préoccupation individuelle disparaît et où se dissipent les illusions qui nous détournent du monde. Ce qui compte n’est dès lors aucune poétisation du monde, au contraire puisque Ko Un s’engage souvent vers un prosaïsme voulu, mais la découverte fulgurante de l’impermanence et de la souffrance, au travers de laquelle surgit ce qui reste de la beauté, de l’intensité de la vie lorsque le monde, dans un instant de bouleversement, est saisi lucidement.

`« Quant à Fleurs de l’instant ce sont des poèmes courts qui ne dérouteront pas le lecteur occidental : il fera le lien avec les formes courtes traditionnelles du Japon, et déjà dans le titre. Mais ici il ne s’agit pas de forme fixe, c’est un parti pris de brièveté à rapprocher des recherches contemporaines – ce qui le déroutera encore moins, c’est qu’ils sont imprégnés de tragique, celui de l’homme d’aujourd’hui séparé du monde et de lui-même, hanté par la souffrance et son absurdité. Ce tragique ne s’exprime pas dans le spleen ou la nostalgie, mais dans l’acuité du regard et les silences. Il ne conduit ni à la violence ni à la confidence, sinon de biais. La manière de Ko Un est toute d’antiphrase, de parabole, de non-dit : le vide cerne les pleins. Si cruels que peuvent être les petits crayons de Fleurs de l’Instant, là encore Ko Un reste dans la distance – mais une distance qui s’approche. » Odile Mouze, Cahier Critique de Poésie, 31 Mars, 2016

 

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