Balzac

Poche : Essais


Juliette Grange

Balzac

l'agent, la prose, les anges



ISBN : 9782842422455
256 pages

10.00 €
 
  • Présentation

 

Dans la rigueur qu'il met à la recherche de la vérité attachée à la forme même du roman, Balzac prend place parmi les plus grands. Il a pensé déjà le roman comme transitoire et finissant, il a pensé la prose comme devant contenir tous les styles, tous les objets. Myriades de variétés partielles, fragments indéfinis, mouvement bousculé ou lisse du récit, cette éclatante agonie de l'unité, le roman ne la poursuit-il pas avec Céline, Musil ou Joyce ? Les théoriciens du roman pourtant ont fait de l'œuvre de Balzac une sorte d'origine mythique, de naturalité romanesque, de miroir de la société française du XXe siècle... Cet essai considère la Comédie humaine comme un unique roman, qui, né du sentiment d'une ruine radicale du passé, d'une rupture consommée, indique sans l'exprimer, dans sa forme même, l'impossibilité d'écrire au XIXe siècle une nouvelle Divine Comédie. Paradis et Enfer mêlés, les romans séparés sont comme des îles appartenant à un archipel ouvert, toute cohérence s'amenuisant en lisibilité de la description.

 

 «  Sous-titré “L'argent, la prose, les anges”, le Balzac de Juliette Grange fera-t-il date dans l'histoire de la critique balzacienne? Il est trop tôt pour se prononcer, mais cela ne serait pas impossible. En tout cas, l'essayiste, qui est philosophe, promène un regard si fouillé sur l'auteur d'«Eugénie Grandet» qu'il nous donne la furieuse envie de le relire autrement, comme si nous lisions un penseur difficile, irréductible aux clichés d'usage. Balzac, sous sa plume, se voit reconduit à la revendication philosophique, indiquée mais non exprimée, qui fondait son labeur romanesque. Juliette Grange distingue en lui une tension entre l'homme abstrait, le concepteur utopiste, hanté par l'idée d'une totalisation à accomplir sur le modèle de «La Divine Comédie» de Dante, et l'homme concret, le bâtisseur, qui sait que la réalisation d'une telle visée est impossible dans une société en décomposition dont le roman doit précisément transmettre la vérité profonde. Un sentiment d'instabilité, un relativisme - le mot est de mise une nouvelle fois -, orientent ainsi la création balzacienne qui fait de chaque roman un îlot et collectionne les instantanés, les vérités partielles. «La Comédie humaine» est en somme le double antithétique de «La Divine Comédie»: le dieu qui est à l'horizon de Balzac, c'est l'argent, moteur du XIXe siècle... et du nôtre. »

 Michel Grodent, Le Soir (Bruxelles) Mercredi 6 février 1991

 

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